Paul Bendennoune est relaxé au bénéfice du doute. Ce médecin esthétique du Plessis-Belleville était poursuivi pour agression sexuelle et harcèlement.
C’est une seule et même affaire qui se retrouve au rôle, ce matin du lundi 2 janvier, de l’audience correctionnelle du tribunal judiciaire de Senlis présidée par François Detton. Devant la barre, Paul Bendennoune, 53 ans, doit répondre des faits d’agression sexuelle et de harcèlement entre 2014 et 2016 et dénoncés par plusieurs jeunes femmes qui travaillaient comme assistantes médicales au sein de son cabinet de médecine esthétique installé au Plessis-Belleville.
Visiblement pas très à l’aise, vêtu d’un sweat bleu et d’un pantalon beige, les cheveux courts, le praticien écoute avec attention le président Detton souligner que dans ce dossier, l’on retrouve à pourcentage égal des personnes qui l’accusent et d’autres qui affirment qu’il ne s’est jamais rien passé avec lui.
A la question du magistrat qui lui demande comment il explique cette réalité, le prévenu répond qu’il n’a aucune explication : « Je n’arrive pas à tirer des conclusions. Je n’ai jamais rien fait mais cela est peut être à relier à mon refus d’augmenter les taux horaires de certaines pour qu’elles touchent plus d’allocations chômage… »
« Le Plessis-Belleville, c’est une petite ville où tout le monde se connait… »
Entre des dénégations et des contestations répétées, le médecin trouve quand même quelques explications sur les raisons qui ont amené une de ces employées à l’accuser notamment d’avoir sorti son sexe: « J’avais refusé là encore de lui donner des heures sup et pour l’autre qui déclare que je lui ai posé des questions sur sa vie sexuelle, c’est complètement faux. Idem quand elle dit que je lui ai demandé une fellation à dix reprises. Enfin, je n’ai jamais touché les fesses de cette assistante qui est revenue consulter après avoir été licenciée… »
Autant de réponses qui posent question au magistrat: «Pourquoi ces femmes porteraient plainte contre vous si tout cela est faux ? Si je comprends bien, elles agiraient ainsi pour se venger?» Une évidence pour le docteur Bendennoune : « Il y a un trait d’union entre ces personnes. Le Plessis-Belleville c’est une petite ville où tout le monde se connait… »
« C’est un truc de fou… »
Des réquisitions disproportionnées pour Maître Steeve Ruben, l’avocat de la défense : « Pour une rentrée, c’est une rentrée! C’est la mort sociale d’un homme! On nous prive du droit. Ce dossier, il rassemble toutes les évolutions de notre société. Il y a aujourd’hui l’absence de cette femme qui n’a jamais été confrontée au mis en cause. Sa parole est sujette à discussion. Vous devez avoir la certitude absolue. Vous avez aussi dans cette affaire, un élément essentiel, c’est la prescription. La réalité, c’est que mon client est un gros lourdaud. Il a eu une histoire avec cette femme mais vous ne pouvez pas le condamner sur des simples déclarations. Cette femme affirme qu’elle revient voir le docteur pour savoir ce qu’il s’est vraiment passé. On arrête les bêtises. Tout devient suspect, c’est un truc de fou. Quand on cherche, on trouve… Il y a un problème de cohérence dans ce dossier et il faudrait juste des réquisitions plus mesurées… »
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- Date: 3 janvier 2023
- Titre: Oise Hebdo
- Auteur: La Rédaction
- Photo: Doctolib
- Catégorie: Articles de presse