
Le pénaliste a même obtenu une relaxe dans le volet « cocaïne » de ce dossier.
Quatre fonctionnaires territoriaux, une fratrie surinamaise… C’est le casting d’un réseau de narcotrafiquants démantelé l’an passé à Hyères. Le coup porté au point de deal du Val des Rougières avait été tel qu’un commando de la DZ Mafia avait vainement tenté de s’y imposer…
Destinataires de deux renseignements anonymes, la police judiciaire a mis en œuvre pas mal de moyens techniques pour contourner l’obstacle des applications de communication cryptée – WhatsApp et autres – désormais largement répandues.
De quoi saisir des dizaines de kilos de stups et compromettre Sami Rais, agent d’entretien le matin au Val des Rougières et gérant du restaurant La Villa le soir dans le quartier Vert-Coteau à Toulon. C’est dans ce « bar à viande » éphémère – quelques mois d’existence – que les animateurs du point de deal hyérois avaient leurs habitudes.
L’enquête a permis d’établir que l’aspirant restaurateur jouait un rôle de logisticien dans le trafic du « Valdé ». « C’est plutôt ce que j’appelle un chaouch », corrige son avocat, le bâtonnier Michel Mas. Et de décrire une fuite en avant, après avoir contracté une dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour monter son resto.
Valises marocaines et armes de guerre
« Je me sentais redevable », explique-t-il à la barre du tribunal qui l’a condamné hier à 4 ans de prison. C’est donc sans contrepartie que « Le Gros » (son surnom) aurait réceptionné deux valises marocaines aux Arcs-sur-Argens ou une quantité indéterminée de résine de cannabis sur le parking du jardin Olbius-Riquier à Hyères.
Il s’est exécuté de la même manière quand on lui a demandé de transférer un arsenal de guerre – kalachnikov, fusils, revolvers, etc. – d’une cave à La Garde à un box à Saint-Mandrier. Ou quand il s’est agi de recruter une nourrice parmi ses collègues de travail, et de planquer cinquante liasses de mille euros chez sa sœur…
Cet argent appartenait à son N+ 1. « Il fallait que je rembourse la dette de mon frère (interpellé lors d’une précédente opération anti-stups, Ndlr) », justifie Jamel Hadj, alias « Bouz », agent territorial au casier judiciaire vierge. Il s’est aussi offert des séjours en famille sur la Côte d’Azur et à Disneyland.
Son avocat parisien, le redoutable Steeve Ruben, a arraché une peine de 5 ans de prison (et 25 000 euros d’amende) alors que le ministère public en réclamait huit. Le pénaliste a même obtenu une relaxe dans le volet « cocaïne » de ce dossier.
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- Date: 26 septembre 2025
- Titre: Nice Matin
- Auteur: La Rédaction
- Photo: Sirius Press
- Catégorie: Articles de presse









